COMMUNIQUE: Commission Ethique Contre la Torture – Europe (CECT-Europe)

tortura_nunca__ (1)Après plus de 25 années d’une auto proclamée démocratie, le Chili essaie de cacher son véritable visage hérité de la dictature civico-militaire. Tellement il est vrai, que la Constitution de 1980, promulguée en pleine dictature, conçue et planifiée pour éterniser le modèle  économique néolibéral, reste en vigueur. La volonté d’un changement de la société chilienne manifestée par des nombreux secteurs sociaux, est systématiquement réprimée en criminalisant les luttes sociales en appliquant avec une extrême rigueur les lois et décrets liberticides de Pinochet.

La légitime lutte du peuple mapuche pour ses droits est violemment réprimée, faisant cas omis des Traités et des Conventions ratifiées par l’Etat chilien, ainsi que les recommandations faites à maintes reprises par des Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH).

Les différents gouvernements successifs dits « démocratiques » se sont acharnés à créer « une ambiance orchestrée qui met en évidence l’intention de dévier le processus de revendications des terres ancestrales qui développent plusieurs communautés mapuche dans le centre sud du Chili pour les amener à un scénario de polarisation majeure, de plus vaste répression, de dénégation de leurs droits, et par la même occasion et dans la même optique, de développer des modèles où des groupes de pouvoir factices tiennent à leur économie de profit, tel que sont l’industrie forestière, l’énergie et un peu moins pour l’agro-industrie »… « Le peuple mapuche, avec une population d’un peu plus d’un million de personnes au Chili, n’a que 600.000 hectares de surface dans les régions de Bio-Bio, l’Araucanie, Los Rios et los Lagos : à titre de comparaison, deux groupes économiques forestiers : Angelini (Forestière Arauco) et  Matte (Forestière Mininco) possèdent 1.200.000 et 750.000 hectares respectivement dans le centre sud du Chili, en dehors des millions d’hectares des latifundistes (Alfredo Seguel, Mapuexpress du 25 août 2015)

Déjà, dans le premier gouvernement de Bachelet, les lois antiterroristes conçues pour réprimer la résistance à la dictature ont commencé à être appliquées pour écraser et soumettre le peuple mapuche. Ces lois d’exception permettent l’utilisation de témoins encagoulés, des vices de procédures, des condamnations disproportionnées, en absence de droit à une défense juste, l’instruction secrète des procès inaccessible aux avocats de la défense, de la prison préventive pendant des mois, voire des années et bien des fois absout où aucune réparation n’intervient, la double peine prononcée par la justice civile et militaire, etc. Ainsi, ont été prononcés des sentences qui vont entre 10 et 25 ans pour présomption d’agression à l’égard d’un procureur, vol de bois à une société forestière et incendies de camions et des machines, en même temps que des policiers qui ont assassinés des mapuche restent dans l’impunité.

De surcroît, on rajoute la militarisation du territoire des communautés mapuche où la répression a augmenté considérablement ces derniers mois avec la participation de paramilitaires tels les auto-nommés commandos « Trizano », « Patria y Libertad » et « Húsar »

La recrudescence de la répression se voit dans le cas qu’on a pu observer ces derniers mois (voir annexe) où au moins une douzaine d’actions répressives ont été effectuées dans la Région de l’Auracanie quand le gouvernement insiste sur sa politique d’extractivisme sur les terres mapuche en permettant des projets énergétiques et des monocultures qui détruisent l’écosystème et la biodiversité irréparablement.

 

 

 

 

Nous appelons les Organisations Internationales de Défenses des Droits de l’Homme, au Comité contre la Torture des Nations Unis a créer une mission internationale d’observation  qui rendent visite aux communautés qui ont été attaquées et d’élaborer un rapport juridique avec des recommandations concrètes préserver le respect des Droits de l’Homme dans la région mapuche. Et en même temps exiger à l’Etat chilien des réponses concrètes aux observations réalisées auparavant sur le respect de Droits Humains des peuples originaires par le Rapporteur spécial des Nations Unies, Ben Emerson, entre autres.

 

Commission Ethique Contre la Torture – Europe (CECT-Europe)

3 septembre 2015

 

ANNEXE

 

8 juillet 2015 : La Cour Suprême rejette le recours d’habeas corpus présenté par Emilio Berkhoff  (anthropologue, reconnu par son soutien à la cause mapuche) condamné à 5 ans et un jour pour port illégal d’armes à feu. Quelques jours plus tard, (12/7) Emilio Berkhoff n’accepte pas le verdict de la Cour et décide passer à la clandestinité. Dans un communiqué il déclare : « mon devoir en tant que révolutionnaire c’est de me déclarer en rébellion face à l’oppression des puissants, des transnationales forestières et de l’état servile aux intérêts capitalistes.

9 juillet 2015: Arrestation de Gustavo Levicura Queipul à la ville de Victoria, du loft Temucuicui, pendant que Burgos, Ministre de l’intérieur et Mahmoud Aleuy, sous-secrétaire du même ministère, se réunissent avec les chefs de la police à Temuco pour contrecarrer l’organisation croissante des mapuche.

 9 juillet 2015 : Vers 4 :30 du matin la maison de Jorge Huenchullán Cayul de la communauté Temucuicui à Ercilla,  est incendiée par des inconnus. Les dégâts sont extrêmes et heureusement personne n’est pas là ce soir.

14 juillet 2015 : Le gouvernement donne son accord pour le projet Añihuarraqui Curarrehue géré par la multinationale espagnole Enhol, qui affecte au territoire sacré Pichi Trankura, d’une énorme valeur spirituelle et environnemental pour les communautés.

21 juillet 2015 : Dénonciation pour des destructions de maisons mapuche. L’opération a été réalisée par les forces spéciales des carabiniers avec des chars, deux hélicoptères, 4 drones et deux retro-excavatrices en pleine complicité avec l entreprise forestière Mininco.

1° août 2015 : La lonko (chef de communauté) Juana Calfunao s’est fait agresser par la police dans sa propre communauté Juan Paillalef. Il faut signaler qu’elle et toute sa famille ont subi la torture et la prison à maintes reprises. L’Etat chilien a décide d’aménager la route qui relie la localité de Los Laureles avec le lac Colico qui appartient à la communauté, sans qu’elle  soit consulté malgré les accords  nationaux et internationaux tels que la Loi Indigène du Chili, la Convention 169 de la OIT, la Déclaration Universelle sur les Peuples Indigènes, la Déclaration de la Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes réalisée en septembre 2014, parmi bien d’autres instruments légaux.

15 août 2015 : La police réprime des communautés mapuche lors de la visite d’un groupe d’artistes représentés  par Anita Tijoux au loft Rankilko, IX Région, Ercilla. Ils solidarisaient et voulaient s’intérioriser de la constante répression qui subit la communauté depuis des années. Dès qu’ils sont quittés les lieux pur aller à Angol, ils ont été réprimés par la police

17 août 2015: La CONADI (Corporation Nationale de Développement Indigène) a été occupée par un groupe de mapuche en exigeant la démilitarisation de leur territoire.

25 août 2015 : Dans un geste typiquement pinochetiste et autoritaire, le ministre de l’intérieur, Burgos a destitué le gouverneur Huenchumilla, d’origine mapuche, qui avait mis en place plusieurs initiatives en faveur du peuple mapuche.

26 août 2015 : Le groupe d’ultra droite, les « Húsar » menace un photographe en l’accusant de vivre avec les « anarchistes » et qu’il pourrait avoir des connexions avec les auteurs des attentats dans la région.

27 août 2015: Tract de « Patria y Libertad » (Mouvement fasciste responsable d’assassinats et de sabotages pendant le gouvernement de Salvador Allende) distribué le jour de la manifestation des camionneurs à Santiago appelant à des représailles, allant jusqu’à l’assassinat des mapuche.

2 septembre 2015: Les Communautés mapuche ont occupé les locaux de la Mairie de Collipulli exigeant la démilitarisation du territoire mapuche, ainsi que la restitution des terres et la liberté de tous les prisonniers politiques mapuche.

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